En 2007, Patrice Cani (chercheur FNRS-WELBIO) et son équipe du Louvain Drug Research Institute de l’UCLouvain, en collaboration avec Willem de Vos, professeur à l’UWageningen, découvrent les effets d’une bactérie intestinale , Akkermansia muciniphila, dotée de supers propriétés, capable, de limiter l’obésité et le diabète de type 2, chez la souris. En 2017, l’équipe de l’UCLouvain découvre (toujours chez la souris) que l’utilisation de la bactérie Akkermansia sous forme pasteurisée entraine une protection encore plus importante que la bactérie vivante vis-à-vis de différents facteurs de risques de maladies cardiovasculaires comme la résistance à l’insuline, l’hypercholestérolémie, ou encore le stockage des graisses dans le tissue adipeux.
Suite à ces découvertes, l’équipe UCLouvain, en collaboration avec les Cliniques universitaires Saint-Luc , élabore une étude clinique pour administrer la bactérie à l’humain. Il faut, avant de débuter, s’assurer de la capacité à produire la bactérie en grande quantité, prouver que les tests seront sans risque pour l’humain.
Les chercheur·euses UCLouvain ont administré Akkermansia à des volontaires en surpoids ou obèses ayant tous une résistance à l’insuline (pré-diabète de type 2) et un syndrome métabolique, soit plusieurs facteurs de risques de maladies cardiovasculaires. Les volontaires, répartis aléatoirement en 3 groupes test (placebo, bactérie vivante et bactérie pasteurisée), ont consommé Akkermansia sous forme de complément nutritionnel, sans modifier leurs habitudes alimentaires ni leur activité physique.
Le but premier de cette étude UCLouvain était de démontrer la faisabilité, sans risque pour l’humain, d’ingérer quotidiennement Akkermansia pendant 3 mois. Clara Depommier et Amandine Everard, chercheuses UCLouvain, ont observé une excellente compliance (facile à prendre) et tolérance (pas d’effets secondaires) liées à la prise de la bactérie vivante ou pasteurisée.
Les conclusions sont sans équivoque : les tests chez l’humain confirment ce qui avait déjà été observé chez la souris. L’ingestion de la bactérie pasteurisée empêche la détérioration de l’état de santé des sujets (pré-diabète, risques cardiovasculaires). Mieux, les chercheur·euses ont observé une baisse des marqueurs d’inflammation du foie, une légère diminution du poids corporel des sujets (2,3 kg en moyenne) ainsi que du taux de cholestérol. A l’inverse, les paramètres métaboliques (résistance à l’insuline ou hypercholestérolémie) des sujets sous placebo ont continué de s’altérer au cours du temps.
Akkermansia muciniphila : une bactérie susceptible de limiter les risques cardiovasculaires enseignement en espagnol | |
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| Education | Upload TimePublished on 1 Jul 2019 |
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